CINEMA

Le cinéma au lycée Jean Vilar

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Journée PORTES OUVERTES à la Cinémathèque française le 7 novembre 2015

Présentation du programme et des expositions de l’année (Martin Scorsese, Gus Van Sant)

Visionnage des courts-métrages de jeunesse de Martin Scorsese

Visite de l’exposition Martin Scorsese. 

 

    La Cinémathèque française nous a ouvert ses portes pour sa grande journée de rentrée. Les expositions de l’année, sur Martin Scorsese et Gus Van Sant, nous ont été présentées, ainsi que les diverses rétrospectives prévues cette saison.

 

    Nous avons ensuite pu découvrir avec intérêt plusieurs courts-métrages des débuts de Martin Scorsese, The Big Shave, Italian American, American Boy, qui n’ont pas manqué d’interpeler les étudiants, notamment The Big Shave (1967), dans lequel un jeune homme se rase devant la glace. La scène apparemment banale bascule quand il recommence en se tailladant le visage et que des flots de sang se mêlent à la mousse blanche de rasage. Scorsese a par la suite explicité la métaphore, disant qu’il voulait suggére l’auto-mutilation d’une jeunesse sacrifiée pendant le gouvernement américain la guerre du Viêtnam. Il avait d’abord pensé clore le court-métrage par des images d’actualités sur le conflit au Viêtnam, mais a finalement choisi de ne garder qu’une mention discrète, Viêt67, en fin de générique. Mais comme toujours chez Scorsese, l’histoire, individuelle et collective, est tissée de cinéphilie, et les images évoquent à la fois Psychose, notamment par les coupes et les gros plans, et Taxi Driver (1976), palme d’or à Cannes neuf ans plus tard, dans lequel Robert De Niro joue Travis Bickle, rescapé insomniaque du Viêtnam dont personne n’a oublié la célébrissime scène devant la glace. Le sang qui coule et le temps qui passe, deux fils rouges de l’œuvre de Scorsese, de Mean Streets au Temps de l’Innocence, en passant par Les Affranchis ou Gangs of New York. 

 

La visite de l’exposition, imitant le décor des rues de New York d’une manière agréable et originale nous a permis de déambuler dans la géographie urbaine et mentale du réalisateur. A travers les archives, les notes de tournage, les extraits de films et les nombreux autres documents proposés à l’œil et à l’oreille du spectateur, nous avons pu explorer la richesse de cet univers tendu entre héritage et invention, souci aigu de préserver le patrimoine cinématographique et élan du Nouvel Hollywood, documentaires rocks et fictions violentes. Scorsese ou la passion du cinéma sous toutes ses formes.

VISITE À LA FÉMIS LE 08 FÉVRIER 2016

Compte-rendu de la visite de la Fémis dans le cadre du partenariat Egalité des chances

 

La section cinéma du lycée Jean Vilar de Meaux a eu le plaisir d’être accueillie durant le mois de février 2016 par la grande école nationale de cinéma la Fémis, pour une visite guidée des locaux et une explication du fonctionnement de l’établissement.

 

Cette visite guidée s’est avérée très riche en découvertes et nous a ouvert de nouvelles perspectives sur le monde du cinéma et ce qui l’entoure. Les différentes interventions des responsables de la communication, du service technique et d’un étudiant nous ont permis de cerner l’esprit de cette école, et de réfléchir à une approche du cinéma et du métier de réalisateur, centrée sur la singularité de la vision comme sur un travail collectif rigoureux. La considération du domaine cinématographique, subtilement placé entre art et artisanat, a été pour nous un message fort de cette visite. L’idée d’être formés à la fois par et pour le cinéma a également suscité l’intérêt des plus passionnés d’entre nous.

 

La politique d’admission des candidats de l’école qui nous a été expliquée, entre autres, par un élève de la section montage de l’établissement, ne nous a pas découragés de postuler au concours d’entrée, mais au contraire, elle nous a convaincus de l’exigence absolue de l’école, qui cherche en chacun des candidats un potentiel créatif singulier et original, pouvant être mis au service du cinéma.

 

Enfin, le visionnage final d’un travail d’élève en fin de formation n’a fait que confirmer les différents discours des membres de l’école et les idées que nous avons pu nous faire sur les productions artistiques des élèves, en visitant les locaux de l’établissement, décors, ateliers techniques de tournage, travail sur les lumières, locaux de stockage du matériel cinématographique, salles de montages, etc. Le film que nous avons visionné, Le Caïman de Boromo, nous a pleinement transportés dans le quotidien d’un personnage principal décalé qui, à travers son histoire, nous a plongé dans une culture différente, laquelle nous était peu connue. Plongés dans la commune de Boromo, nous en avions presque oublié, pendant la diffusion, tout le travail nécessaire qui a dû être fourni pour obtenir un tel résultat, à l’écran comme sur nous, spectateurs. Cette visite s’est donc achevée pour nous sur un sentiment inédit mêlant plaisir de spectateur et joie de l’immersion dans cette école, qui offre un contact unique avec les différents et nombreux acteurs du processus cinématographique.

Amin Diallo, étudiant en HK cinéma

Visite à l’Atelier théâtre du lycée Moissan DE MEAUX le 11 avril 2016

Visite à l'atelier théâtre du lycée Moissan de Meaux pur un après-midi de répétitions

 

C’est avec un grand plaisir et beaucoup de curiosité que les étudiants d’hypokhâgne cinéma ont poussé la porte de l’atelier théâtre du lycée Moissan, auquel nous avions été conviés par le professeur de théâtre Isabelle Lapierre et son intervenante Jeanne Vitez.

Certains hypokhâgneux de Jean Vilar ayant été lycéens à Moissan connaissent déjà l’atelier théâtre, mais beaucoup découvrent que l’on peut avoir la chance de se lancer dans une pratique collective passionnante en prenant l’option théâtre, ou d’autres options artistiques, au lycée. Parmi les nombreux lycéens du groupe, qui mêle secondes, premières et terminales, plusieurs se destinent à un parcours professionnel dans le monde du théâtre.

 

L’atelier débute par un nécessaire point sur le calendrier des répétitions à préciser avant le spectacle de la fin de l’année, dans lequel les élèves présenteront de nombreux extraits d’œuvres théâtrales, des Bacchantes Euripide au Mariage de Figaro de Beaumarchais. Le côté vivant et animé des échanges pour se mettre d’accord sur les dates et les durées des répétitions donne des envies de making off à une hypokhâgneuse de cinéma qui assiste, amusée, à ce joyeux mélange entre déploiement d’énergie en tous sens et cadrage de l’organisation.

 

Nous assistons ensuite aux répétitions de Figaro, chaque acteur ayant un script attitré qui surveille ses entrées et venues sur scène. Les étudiants semblent captivés par ce spectacle vivant où nous sommes comme par magie directement entrés dans les coulisses de la mise en scène. Le décor et les costumes sont au service d’une interprétation du texte, à laquelle les voix dynamiques et chaleureuses du professeur et de l’intervenante ramènent constamment les élèves. Quelle intonation mettre pour rendre compte des divers enjeux politiques du propos sur les relations entre hommes et femmes, maîtres et valets ? Quelle place prendre sur scène ou quel mouvement de bras adopter pour accompagner une réplique de manière juste ? Chaque élément d’un rythme collectif et complexe est questionné pour mieux servir une chorégraphie musicale du texte qui s’invente et se réinvente sous nos yeux. Mais ce questionnement à plusieurs n’a rien d’une réflexion froide et théorique, au contraire ! Les rires fusent sans cesse, chaque élève exprime par ses gestes et sa voix une personnalité bien particulière. Le plaisir à être ensemble, à porter un beau texte et à être portés par lui, à rentrer dans la peau d’un autre et à traverser les siècles, comme celui d’être spectateur de cette métamorphose partagée est palpable.

 

C’est l’occasion pour le groupe d’optionnaires cinéma d’échanger après l’atelier sur ces questions, qui font écho au travail que nous venons de faire sur les rapports entre théâtralité et cinéma chez Orson Welles. Les notions étudiées sont ressaisies d’une manière pratique, pour préciser les points communs et les différences entre le théâtre et le cinéma, pour s’interroger plus largement sur les rapports entre le direct et le différé, le corps et l’image, comme sur le rôle du montage, puis pour donner quelques précisions sur l’histoire des captations et des adaptations théâtrales au cinéma. C’est enthousiastes et vivifiés par cette visite que nous nous quittons sous la pluie, en réfléchissant aux idées qui pourraient venir aux étudiants à la suite de cette discussion, pour nourrir le travail d’écriture de scénario qu’ils ont commencé depuis quelques semaines. 

 

Pour conclure ces réflexions sur théâtre, cinéma, image et rythme, nous avons ensuite retouché quelques photos prises pendant l’atelier - prises sans flash pour ne pas déranger les acteurs en plein travail… - et construit un petit montage, en les accompagnant de musiques qui pouvaient faire écho au propos de Beaumarchais et au processus de la mise en scène travaillant sur le rythme. Cela nous a permis de prolonger autrement le plaisir du jeu en le transposant à l’écran.